Affaire du théologien suisse : le juge ordonne une nouvelle expertise médicale

 

Un premier diagnostic incertain

Le théologien suisse Tariq Ramadan, a été hospitalisé pendant quatre jours au sein d’une unité surveillée de l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière. À la demande de la Cour d’appel de Paris, une première expertise médicale indépendante a été réalisée en urgence mi-février afin qu’elle puisse se prononcer sur le recours de l’islamologue suisse à une mise en détention provisoire.
Cette première expertise avait jaugé l’état de santé du théologien âgé de 55 ans et écroué à la date du 2 février, n’était pas incompatible avec son incarcération.
Ce rapport avait également remis en question l’existence de deux pathologies, la première serait une sclérose en plaques et pour la deuxième, il s’agirait d’une autre neuropathie périphérique, dont l’intellectuel genevois dit souffrir depuis quelques années, estimant leur diagnostic incertain.
Selon l’expertise révélée par l’Agence France-Presse, les deux pathologies dont le quinquagénaire dit souffrir, ne peuvent être estimées comme certaines au vu de la présente expertise, des constatations cliniques et des documents présentés.
Toutefois, le médecin avait souligné la nécessité d’un examen médical neurologique complet et sérieux qui n’a pas été réalisé depuis la période que semblent durer les troubles évoqués.

La défense conteste un examen effectué ‘‘ sommairement ’’

L’entourage de l’accusé, a récemment fait apprendre à l’AFP que le rapport médical demandé par la magistrature, concluait que l’état de santé de l’intellectuel suisse Tariq Ramadan souffrant d’une affection de plusieurs nerfs sensitifs et moteurs ainsi que d’une SEP (maladie auto-immune), était compatible avec son maintien en détention.
Dans un communiqué transmis à la Cours d’appel, la défense du théologien a critiqué un examen incomplet effectué sommairement par le médecin, et a fait valoir que ce dernier ne disposait même pas du dossier médical de son patient.
Au lendemain de cette expertise, le petit-fils du fondateur égyptien de la confrérie des Frères musulmans, a été hospitalisé en urgence pendant plusieurs jours après avoir vu sa santé se fragiliser.


Nouvelle expertise au plus tard le 15 avril

La détention du professeur Tariq Ramadan, l’une des grandes et rares figures de l’islam en Europe, a suscité un vif émoi auprès de nombreux partisans, qui dénoncent l’impression d’un  » deux poids, deux mesures  » , voire meme un complot contre sa personne et ses positions politiques et religieuses.
Un nouveau bilan médical complet et régulier a été demandé par le juge d’instruction chargé de cette enquête au plus tard le 15 avril contre fin mars au début.
Selon l’ordonnance de prorogation de ce délai, dont a eu connaissance l’AFP, le report de cette date s’explique notamment par la complexité et l’importance de la charge de travail à laquelle devront faire face les deux experts médicaux désignés.
À la demande du Département de l’Instruction Publique, le Conseil d’État genevois ouvre de son coté une analyse indépendante pour éclairer et mettre la lumière sur la réalité des faits visant le professeur d’études islamiques à la prestigieuse université d’Oxford.
Les deux chargés de cette analyse, Mme Quynh S.Schmid, l’ancienne juge au sein du tribunal administratif de première instance et actuellement membre du Conseil de la magistrature genevois, accompagné de l’ancien président du tribunal fribourgeois des mineurs, Mr Michel Lachat, ont fait part de leur intérêt et de leur disponibilité, a précisé devant la presse médiatique Mr François Longchamp, président du gouvernement.